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Dossier Corse : ne tuez pas la République !
« Le nationalisme, c'est la guerre » François Mitterrand.
Le projet de ramener la paix et la République en Corse est hautement louable. Et d'y mettre le préalable de la paix civile, de l'arrêt des attentats est une obligation. Ainsi, Lionel Jospin s'est saisi de l'un des sujets les plus sensibles de notre pays : le « dossier corse ». Or ce sont les solutions apportées par notre Premier ministre qui ne suivent pas nos espérances. Car sacrifier la République sur l'hôtel de la tactique politicienne n'est pas de notre souhait. Et à bien étudier le « plan Jospin », on touche à des divergences d'analyse fondamentales. Dans la conception française, la Nation n'est pas une communauté de territoire, de langue et de culture. Car à ce petit jeu là, où sont donc nos frontières, qui est Français et qui ne l'est pas, et à quoi bon construire l'Europe… la Nation est un contrat, celui de vivre ensemble avec des règles communes. La République constitue ce contrat dont les fondements sont « liberté, égalité, fraternité et laïcité ». Toute atteinte à ces principes sont autant d'attaques envers l'unité et l'indivisibilité de la République. Et comment justifier alors le refus que l'on opposera aux Bretons, aux Basques, aux Alsaciens… alors que l'on cède à une poignée de terroristes dirigés par la mafia ? La reconnaissance de la culture locale ne doit pas nous pousser dans cet engrenage. Car à n'en point douter, c'est à la violence de groupuscules fanatisés que nous devrons faire face. Et refusons la « kanakisation ». Il ne s'agit pas là d'une situation coloniale, comme en Nouvelle Calédonie. C'est une erreur grossière de croire que la République doit ici réparation. Il n'y a pas en Corse de situation révolutionnaire, car elle signifierait l'adhésion de tous, ou presque, aux actes des nationalistes. D'ailleurs, une très grande majorité des corses ne veut ni indépendance, ni autonomie. Les résultats partiels aux élections d'Ajaccio le montrent. Nous ne pouvons pas admettre que la langue corse soit obligatoire. Sa pratique scolaire est déjà possible, et c'est suffisant. Nous devons encore plus refuser la possible adaptation des lois de la République. Tous les Français sont égaux devant la loi : c'est un principe fondamental. Mais surtout, nous ne pouvons pas céder devant quelques assassins : par respect pour les morts et pour notre dignité.
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