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Refondation sociale du Medef : OPA sur les chômeurs…

          Le chômage a toujours été pour le patronat un instrument de pression sur le « marché du travail. » On peut même dire qu'il en a été un élément constituant, où le travailleur est une valeur marchande. Depuis quelques temps pourtant le patronat français semble avoir pris la mesure du danger social que pouvait représenter à long terme à la fois le
chômage de masse comme sa baisse importante. Dans un sens par la prise de conscience d'une masse importante de chômeurs que la richesse de quelques-uns se fait sur leur dos (l'affaire Michelin en est un exemple). On se trouve alors dans une situation d'instabilité sociale qui pourrait au final se révéler négative. Dans l'autre car la baisse actuelle du chômage signifie aussi une sortie progressive de la crise dans la tête des travailleurs et donc un renouveau de l'action militante, de la revendication salariale, pour plus d'égalité par la redistribution : pour une nouvelle donne sociale.
         
Son but premier : éliminer l'État des négociations sociales. Trop dépendant des aléas politiques, ce dernier est
soumis à la démocratie. Dans le cadre du paritarisme social, le patronat peut compter sur la complaisance de certains
syndicats pour donner à son projet ultra-libéral le goût de la démocratie sociale. La décomposition de la droite politique, qui n'est même plus en capacité de proposer un projet cohérent, pousse alors le Medef à la supplanter : ses intérêts sont menacés par la croissance, nouvelle donne économique.
          En fait, sous couvert de « 
refondation sociale », il s'agit pour Kessler et ses amis d'imposer l'idéologie libérale en l'adaptant à la conjoncture. Cela s'appelle le PARE. Ce Plan d'Aide au Retour à l'Emploi propose de retirer ses indemnités à un chômeur qui aurait refusé trois propositions d'emploi ou de reconversion « correspondant à ses qualifications » : qui
vérifiera que l'offre d'emploi correspondait réellement aux qualifications ? Qui évaluera celles-ci ? Ce n'est pas par
hasard que même la CGC a refusé de signer !
          Ce qui se cache derrière cette méthode peu consensuelle d'éradication du chômage : la fameuse
flexibilité,
accompagnée de la précarité de l'emploi
. Et le chômage, plus encore alors, deviendrait une punition pour ceux qui ne
voudraient ou ne pourraient pas se plier à ces nouvelles conditions du marché, les conduisant un peu plus vers l'exclusion sociale.
Une des raisons du refus syndical est la question des excédents dégagés par l'UNEDIC pour les prochaines années.
L'attitude du Medef n'est pas claire. On sait que la quasi-totalité de ces 70 milliards serait en fait engloutie par le
patronat dans une baisse des cotisations. Non pour financer de nouveau emplois mais pour augmenter les marges
bénéficiaires et satisfaire les actionnaires.
          La question de l'assurance chômage n'est pas isolée. Elle fait partie d'un dessein plus vaste. Avec Denis Kessler, l'assureur, c'est toute la Sécurité Sociale (assurance vieillesse, maladie…) qui est en ligne de mire. Quand on connaît la « profonde vocation sociale » du Medef, il est important de rappeler que ce n'est pas au patronat seul d'indiquer
comment utiliser les fruits de la croissance :
faire revivre la démocratie sociale doit être le projet des socialistes.